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LE DIOXYDEDE CARBONE: Culture du Cannabis en Placard
Le dioxyde de carbone - ou gaz carbonique - (CO2) est un gaz incolore et
inodore que l'on trouve dans l'air. Dans des circonstances normales, y compris
celles auxquelles a affaire le cultivateur, le C02 est inoffensif. Il n'est ni
toxique ni inflammable. Chaque molécule de CO2 est constituée d'un atome de
carbone et deux d'oxygène. Le dioxyde de carbone est souvent généré à la
maison. Lorsqu'un poêle ou un chauffe-eau brûlent du gaz, ils produisent de la
chaleur, de la vapeur d'eau et du CO2.
Le CO2z intervient comme matière première dans le processus de photosynthèse
des plantes. Dans l'air, la concentration de CO2 est d'environ 350 parts par
million (ppm). Lorsque ce niveau descend jusqu'à 200 ppm, la photosynthèse
s'interrompt et ne reprend pas avant que la proportion ne remonte. Ainsi,
l'indisponibilité du CO2 pour la plante peut être un facteur limitatif de la
photosynthèse et la croissance des plantes.
De plus fortes concentrations de CO2, de 1000 à 2000 ppm, apportent plusieurs
bienfaits au jardin. Le premier est que cela peut augmenter le taux de
croissance, parfois jusqu'à 300 %, bien que, dans la plupart des jardins,
cette augmentation reste au-dessous de 100 %. Cela donne une récolte plus
abondante, en moins de temps. Les plantes qui poussent dans une atmosphère
enrichie de C02 présentent aussi des tiges plus épaisses et plus robustes. Le
C02 peut être employé tant dans le cycle végétatif que dans le cycle de
floraison. L'apport de C02 peut être interrompu une semaine avant maturation
pour deux raisons : il n'est alors plus trop question de croissance et le gaz
risque d'entraver la production de certaines odeurs. La photosynthèse ne se
produisant qu'à la lumière, les plantes ne consomment pas de CO2 dans
l'obscurité et l'air ambiant n'a alors pas besoin d'être enrichi.
Le dioxyde de carbone est bien moins onéreux que la lumière, l'apport de CO2
est donc une façon très économique d'augmenter le taux de croissance de la
plante. Des jardins très illuminés peuvent recevoir de plus fortes
concentrations en C02 que d'autres, plus sombres. Des jardins éclairés par des
lampes fluorescentes ou par des HID à raison de moins de 250 watts de lumière
par mètre carré peuvent recevoir jusqu'à 1000 ppm de CO2. Des jardins éclairés
par 250 à 400 watts par mètre carré, jusqu'à 1500 ppm. Des plantes poussant
avec 400 watts, ou plus, par pied carré, 2 000 ppm.
Outre le fait qu'il augmente le taux de croissance, le gaz carbonique apporte
un autre avantage au jardin : dans une atmosphère enrichie, les plantes
poussent plus vite à des températures plus élevées, autour de 28 plutôt que de
24 °C. On peut alors consacrer moins d'énergie au maintien de la bonne
température.
LE CO2 DANS UN JARDIN NON ENRICHI
Même si le jardin n'est pas enrichi au CO2, ce gaz doit être constamment
renouvelé à mesure qu'il est consommé. Laisser ouverts la porte ou le rideau
d'un petit placard est très profitable, car tout un flanc de l'espace de
croissance est alors exposé à l'air extérieur. Cela stabilise le taux de CO2 à
un niveau proche de celui de l'atmosphère environnante. Une porte ouverte
dans une grande pièce aura bien moins d'influence car le périmètre
d'ouverture est alors proportionnellement nettement plus petit.
L'ajout de ventilateurs faisant circuler l'air entre l'espace de culture et
l'extérieur permet de maintenir le niveau de CO2 proche de celui de
l'atmosphère. Pour un petit jardin, un petit ventilateur de fenêtre fournira
un échange d'air suffisant. De plus grands jardins demandent une ventilation
plus élaborée. On place généralement le ventilateur d'apport d'air frais au
niveau du bas du jardin. Le ventilateur d'extraction sera plutôt placé au
plafond ou près du sommet d'un mur.
APPORT DE CO2
Si la ventilation remplace l'air ancien par de l'air frais, elle n'en augmente
pas la proportion en CO2. Les deux méthodes les plus pratiques pour ce faire
consistent en un réservoir avec régulateur ou de petits générateurs de CO2
conçus pour des espaces de culture. L'un comme l'autre sont faciles à
installer et à entretenir.
RÉSERVOIRS DE CO2
Certains gros réservoirs contiennent une vingtaine de kilos de gaz mais pèsent
près de 77 kg une fois pleins, ce qui les rend difficilement déplaçables. Un
réservoir de 9 kg ne pèse qu'une vingtaine de kilos une fois plein, s'avérant
donc nettement plus maniable. Pour contrôler l'émission de gaz, le réservoir
de CO2 doit être pourvu d'un manomètre, d'un indicateur de débit et d'une
électrovanne pour allumer ou éteindre le réservoir. Le manomètre ajuste la
pression du débit de gaz à mesure que le réservoir se vide. L'indicateur de
débit contrôle la quantité de litres de gaz émis par minute. Un bon indicateur
de débit permet d'émettre entre 300 et 1500 litres de CO2 par heure.
L'électrovanne interrompt et relance le débit.
Plusieurs types d'interrupteurs ou de manomètres peuvent être utilisés pour
allumer ou éteindre l'électrovanne. Certains répondent à une minuterie,
d'autres à une minuterie et à la ventilation, réapprovisionnant l'air lorsque
la ventilation extérieure s'interrompt.
Le plus simple et le plus efficace des manomètres est un "on-fine meter". Une
fois déterminée la proportion de CO2 souhaitée, l'indicateur s'occupe du
reste. Cela ne demande aucun calcul et représente le moyen le plus précis de
fournir du CO2 au jardin. Il mesure constamment le taux de CO2, et allume ou
éteint la soupape en fonction du taux constaté. Tout autre type de manomètre
exige que la quantité de gaz apportée soit calculée selon le volume du jardin.
Pour ce faire, il conviendra de multiplier les dimensions de l'espace de
culture (longueur x largeur x hauteur). On obtient ainsi le volume de l'espace
en mètres cubes. Pour obtenir la quantité de gaz nécessaire pour atteindre
1000 ppm de CO2, multiplier les mètres cubes par 0,001; pour atteindre 1500
ppm, multiplier par 0,0015 et pour 2000, multiplier par 0,002. Par exemple,
une pièce de 3 x 4 x 4 mètres présente un volume de 48 m3. Multiplier ce
chiffre par 0,001 révèle qu'il faut au total 0,048 m3, soit 48 litres de gaz
pour porter la pièce à 1000 ppm.
Pour 1000 ppm,10 m3 d'air équivalent à 10 litres de C O2.
Pour 2000 ppm, 10 m3 équivalent à 20 litres de CO2.
A température normale, 715 litres de gaz représentent un kilo. Pour savoir
combien de CO2 doit être ajouté à l'air pour en porter le niveau à 1000 ppm,
calculez le volume de la pièce (longueur x largeur x hauteur). Multipliez le
résultat par 0,001 en déplaçant la virgule de trois rangs vers la gauche. Par
exemple, une pièce de 3 x 4 x 2,5 mètres représente 30 m3. Multiplié par
0,001, on obtient 0,03 m3 (ou 30 litres). Si le diffuseur est réglé de façon à
émettre 60 litres à la minute, la soupape doit demeurer trente secondes en
activité. Pour 1500 ppm, 45 secondes seront nécessaires, et une minute pour
2000 ppm.
Pour savoir à quelle fréquence il faudra remplir le réservoir de gaz, il
faudra d'abord trouver combien de CO2 est quotidiennement émis. Par exemple,
une pièce de 2 x 1 x 3 mètres contient 6 m3. Les lampes sont allumées en
permanence et l'air est enrichi à 1000 ppm, ou 6 litres de CO2. Cela est
obtenu par un débit régulier de 10 litres de CO2 par heure. 240 litres de gaz
sont donc employés chaque jour. Un réservoir de 10 kg contient 10 x 0,715
mètre, soit 715 m3 de gaz. Divisé par les 240 litres consommés chaque jour, on
constate qu'il faut faire le plein tous les 29 jours. Le moyen le plus
rudimentaire de réguler le débit consiste en un simple minuteur à répétition
qui ouvre l'arrivée de gaz de façon répétée pendant les périodes d'éclairage.
On peut programmer de petits minuteurs électroniques bon marché pour huit
interventions par jour. Il conviendra de les programmer pour un maximum
d'interventions à partir de la première lumière, la dernière se produisant une
heure ou deux avant l'extinction. Un interrupteur plus sophistiqué ouvre
l'apport de gaz dès que la ventilation s'arrête. Il réapprovisionne alors
rapidement l'air en CO2.
Si la ventilation est rare, le meilleur moyen d'enrichir le jardin avec un
minuteur est d'injecter l'air aussi rapidement que possible. Lorsque le
ventilateur opère en permanence, et que le CO2 est sans cesse soufflé hors du
jardin, un petit filet de CO2 peut être constamment émis.
Pour savoir combien de temps la soupape devra demeurer ouverte, il faut
diviser les mètres cubes de gaz par le taux de débit. Multiplier par 60 pour
obtenir le nombre total de minutes. Si la ventilation est fréquente, rallongez
la durée de l'apport en réduisant le débit.
Une fois que le gaz a passé la soupape, un tuyau le conduit jusqu'au jardin,
où il peut être lâché depuis un tuyau percé accroché au-dessus des plantes. Ce
tuyau est perforé tous les vingt centimètres pour l'irrigation au
goutte-à-goutte. On en trouve dans les magasins de jardinage.
Le dioxyde de carbone du réservoir étant plus froid et plus lourd que l'air,
il s'écoule sur le sommet des plantes. Si la ventilation est bonne, il se
diffusera sur l'ensemble du feuillage.
L'enrichissement en dioxyde de carbone au moyen d'un réservoir réduit
considérablement les exigences de ventilation pour plusieurs raisons. L'air
étant ravitaillé en CO2, les plantes y poussent de façon plus efficace à des
températures élevées. Plutôt que d'essayer d'apporter du CO2 de l'atmosphère
environnante, l'idée est d'empêcher le gaz de s'y disperser. De petits
placards non ventilés bénéficient souvent d'un apport constant de CO2 lorsque
les lampes sont allumées. Une pièce ventilée bien conçue se réapprovisionne à
chaque fois que la ventilation s'interrompt. En revanche, si elle n'est pas
ventilée mais rafraîchie par un climatiseur, il lui faudra se
réapprovisionner en C02 toutes les heures ou deux.
Étant plus lourd que l'air, le CO2 subit une dépressurisation lorsqu'il quitte
le réservoir, ce qui le rend froid. Ensuite, le gaz retombe en pénétrant
l'espace. Dans un jardin équipé d'une petite ventilation interne, le gaz est
généralement disséminé au moyen d'un tuyau percé servant à l'irrigation ou
écoulé devant des ventilateurs internes.
LES GÉNÉRATEURS DE CO2
Les générateurs de CO2 brûlent du gaz naturel ou du propane et émettent du
CO2, de la vapeur d'eau et de la chaleur. Le plus souvent, dans un petit
espace, l'emploi de générateurs de CO2 pose problème, puisqu'ils génèrent
beaucoup de chaleur qu'il faut maîtriser, en général par la ventilation, qui
dissipe la concentration élevée de CO2. Les générateurs de dioxyde de carbone
sont plus efficaces dans des jardins demandant de la chaleur que dans ceux
qui demandent déjà de la ventilation. Dans la plupart des cas, il est plus
facile d'utiliser un réservoir qu'un générateur. Le CO2 chaud qui sort des
générateurs est plus léger que l'air et doit être répandu à l'aide d'un
ventilateur. Bien entendu, quiconque emploie du gaz naturel, ou encore du feu,
devra se montrer extrêmement prudent.
Pour apporter du C02 à ses plantes, le jardinier peut aussi faire preuve
d'imagination. L'échappement d'un poêle ou d'un chauffe-eau convient
parfaitement au jardin. S'il est installé dans la pièce où se trouve le
chauffe-eau, le jardin sera approvisionné à chaque fois que s'allumeront les
brûleurs. Un poêle à gaz émettant du CO2, les jardins installés dans la
cuisine reçoivent un supplément de C02 pendant la préparation des repas.
Fût-ce de façon périodique plutôt que constante, l'apport en CO2 augmente les
taux de croissance des plantes.
LE CO2 D'UN COUP D'OEIL
1. Une porte ou un rideau ouverts constituent sauvent la meilleure solution
pour un petit espace haut de plafond.
2. Une ventilation externe évacue l'air usagé et apporte l'air frais. C'est en
général ce qu'il faut pour une petite pièce.
3. Un système d'enrichissement en CO2 est constitué d'un réservoir et d'un
indicateur-régulateur de débit, ainsi que d'une soupape à minuterie ou munie
d'un autre type d'automatisation. Cela augmente de façon phénoménale le taux
de croissance des plantes.
4. Un chauffe-eau ou un poêle â gaz peuvent apporter un surcroit de CO2 au
jardin.
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